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Réfutations

Réfutations
Un film de THOMAS LACOSTE (66')

« 26 avril 2007 (entre les deux tours) : Seize chercheurs et militants, seize regards acérés sur le monde que nous prépare Nicolas Sarkozy. Ni haine, ni diabolisation, mais la réalité d'une droite décomplexée au pouvoir. Une déconstruction implacable de la rhétorique sarkozyste, dont il y a fort à parier que la pertinence soit d'actualité pendant quelques années. A voir d'urgence... »

Avec la participation de Jeanne Balibar (comédienne), Monique Chemillier-Gendreau (juriste), Anne Debrégeas (Fédération Sud-Energie), Eric Fassin (sociologue), Hélène Franco (Syndicat de la magistrature), Susan George (économiste), Michel Husson (économiste), Bruno Julliard (Uunef), Christian Lehmann (médecin), Nacira Guenif-Souilamas (sociologue), Thomas Heams (Convention pour la 6e République), Richard Moyon (Réseau Éducation Sans Frontière), Thomas Piketty (économiste), Emmanuel Terray (ethnologue), Louis-Georges Tin (maître de conférence, CRAN), Alain Trautmann (Sauvons la Recherche !).


Le film Réfutations est libre de droit. Nous vous invitons à en assurer la diffusion la plus large (le faire connaître, circuler, projeter, etc.). Il peut aussi être publié sur des sites internet. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire :
"Pour soutenir cette action, qui en appelle de nouvelles, vous pouvez acheter le DVD du film Réfutations sur le site www.lautrecampagne.org ou par chèque (10 euros) à l’ordre de l’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, 75010 Paris."

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L'ex-juge Eva Joly brocarde Nicolas Sarkozy et publie un livre Reuters


L'ancienne magistrate de Paris Eva Joly a critiqué jeudi Nicolas Sarkozy pour ce qu'elle voit comme des attaques du nouveau président français envers l'indépendance de la presse et de la justice.
"La démocratie ce n'est pas invoquer Jaurès ou Blum (...) Une démocratie ça se mesure à sa presse indépendante et à sa justice indépendante et je trouve que ce que nous voyons en France est plutôt inquiétant", a-t-elle déclaré sur RTL.
Eva Joly, juge à Paris jusqu'en 2002 devenue conseillère du gouvernement de Norvège (son pays d'origine), est connue pour avoir instruit de nombreuses affaires de corruption, dont le scandale visant la société Elf. Sur RTL, elle a critiqué les amitiés et les pratiques de Nicolas Sarkozy.
"Nous voyons un président de la République qui fête sa victoire d'élection avec Martin Bouygues (actionnaire majoritaire de TF1-NDLR) et qui téléphone le 8 mai à Omar Bongo (président du Gabon-NDLR) pour le remercier de ses bons conseils et qui ensuite, le 22 mai, nomme son directeur adjoint de campagne, (Laurent Solly-NDLR) directeur adjoint de TF1", a relevé Eva Joly.
"Pour moi c'était une violation d'une règle fondamentale en démocratie. Cela me paraît des conditions assez berlusconiennes et je souhaite mieux pour mon pays", a-t-elle dit à propos de la nomination de Laurent Solly.
Dans un livre intitulé "La force qui nous manque", qui sort vendredi, l'ancienne magistrate déplore ce qu'elle estime être l'inaction des grandes puissances face à la corruption internationale.
"La lutte contre la corruption est une urgence (...) En bâtissant notre confort sur un pacte corrupteur entre multinationales occidentales et despotes du tiers-monde et en abritant dans nos banques tout l'argent qui en découle, la partie riche du monde a semé colère et frustration. Elle devrait faire attention au compte à rebours", écrit-elle.

Méthode Berlusconienne

L'arrivée annoncée de Laurent Solly, 36 ans, ex-directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, à la direction de TF1 (groupe Bouygues), soulève un tollé à gauche et chez plusieurs syndicats de journalistes, qui dénoncent une "berlusconisation" du régime.

Le groupe Bouygues a annoncé mardi que Laurent Solly, chef de cabinet de M. Sarkozy jusqu'à son départ du ministère de l’Intérieur en mars, intègrerait "en temps voulu" la direction générale de TF1. Selon une source proche du dossier, il prendra les fonctions de directeur général adjoint de TF1 dans la deuxième quinzaine de juin aux côtés de Nonce Paolini, nouveau patron de la chaîne.

Cette annonce, précédée par une déclaration en ce sens au quotidien Libération du responsable de la communication de l'Elysée Franck Louvrier, a provoqué de vives réactions du PS et du PCF.

Les deux partis avaient déjà dénoncé pendant la campagne la "collusion" entre le candidat de l'UMP et les groupes de médias Bouygues et Lagardère, dirigés par des proches de M. Sarkozy.
"On est vraiment dans la méthode Berlusconi et cette collusion des grands médias et du pouvoir politique est complètement indécente", a estimé mercredi Faouzi Lamdaoui, secrétaire national à l'Egalité du Parti socialiste. lire la suite

Premier gouvernement Sarkozy Puissances d’argent, jet-setteurs et Judas

Au cours de son séjour maltais, Nicolas Sarkozy avait déclaré : « Il faut beaucoup de Vincent Bolloré, beaucoup de Martin Bouygues, beaucoup de Bernard Arnault, beaucoup de François Pinault à la France ». Salle Gaveau, après le premier tour de l’élection présidentielle, il nous avait dit qu’il protégerait les Français victimes d’injustices sociales avant de gagner après le deuxième tour le Fouquet’s du roi des casinos puis le yacht de son ami milliardaire. Son gouvernement porte l’empreinte de cet état d’esprit : émanation de l’oligarchie financière, il arbore l’étiquette de dame patronnesse pour épater la galerie. suite

Manif de droite

Attention 2° degré
Qu'est ce qui motive un individu de droite ? ( a part l'argent et son p'tit confort ):
En tout cas, d'un peu d'humour et de dérision ils ont besoin !

A Aulnay, la victoire de M. Sarkozy vécue comme une “grosse claque”

May 9, 2007 @ 1:33 pm · Filed under Analyses

Une voiture ralentit et s’arrête devant le groupe d’une dizaine de jeunes adultes qui discutent, avec passion, des conséquences de l’élection de Nicolas Sarkozy. C’est le conseiller général PS, candidat aux législatives à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) : “Hé les gars, faut rester calme, hein ! Ils vont vouloir vous provoquer en face, ne répondez pas, faites leur un sourire“, leur lance Gérard Ségura en parlant des policiers et CRS massés 200 mètres plus loin. Il est 21 h 30, la présidentielle vient à peine de se terminer, et la campagne électorale suivante bat déjà son plein dans le quartier des “3000.

Plus tôt, l’annonce de la victoire du candidat UMP avait provoqué quelques cris. Les enfants, dehors, avaient hurlé : “Sarkozy a gagné, il a gagné !” Le résultat ne faisait pas de doute aux yeux des adultes. Ni à l’échelle nationale, au vu des derniers sondages publiés, ni dans le quartier, du fait du plébiscite anti-Sarkozy dont avait bénéficié Ségolène Royal au premier tour, avec 66 % des voix dans le bureau de vote situé au cœur de la cité. Un score amplifié au second tour avec 86 % des suffrages.

Au pied des immeubles, la première réaction est la tristesse. Beaucoup ont regardé les résultats à la télévision et sont ensuite descendus pour discuter entre voisins. Un groupe d’une dizaine de jeunes adultes s’est formé devant un des bâtiments. Parmi eux, Djibril Traoré, 28 ans, commercial, s’interroge à voix haute sur ce que fera ou ne fera pas le nouveau président. Ce qu’il appelle la “politique du Kärcher” ne l’inquiète pas personnellement. “C’est pour mes petits frères que ça va être dur. Pour l’école, pour trouver du boulot.”

Dans le groupe, on plaisante volontiers sur les charters de “Noirs” et d’”Arabes” qui vont les ramener au “bled”. On rigole aussi en se représentant les cités du “9-3 comme les villages “gaulois” qui résistent à “l’envahisseur Sarkozy”. On rigole mais on reconnaît aussi que la victoire de Nicolas Sarkozy est une “grosse claque” et que cela leur est douloureux.

Le débat est interrompu par le second passage du conseiller général. L’élu socialiste a fait le tour de la cité et vient, de nouveau, demander aux jeunes de rester calme. Il sort de son véhicule et serre des mains : “On a eu des infos disant qu’il allait y avoir des provocations, assure M. Ségura sans apporter plus de précisions. Faut pas tomber dans le piège : Royal a fait 17 000 voix dans la ville, ça veut dire qu’on peut gagner aux législatives puis aux municipales.”

Pendant que le candidat PS poursuit la discussion, une douzaine de policiers casqués, armés de flash-balls, matraques et bombes lacrymogènes, s’enfoncent, à une cinquantaine de mètres de là, dans une ruelle qui longe le centre commercial. Ils prennent ensuite position dans une galerie - à l’abri du lancer éventuel d’objets venant des tours - qui débouche sur la place où sont rassemblés, comme tous les soirs, une trentaine de jeunes et d’adultes. Le face-à-face se déroule pendant plusieurs minutes sans incident.

Jusqu’au moment où les policiers - qui ignorent qu’un journaliste et un photographe sont présents - se précipitent sur deux jeunes, les plaquent violemment au sol et distribuent des coups de matraques dans la foule. Ils effectuent aussi plusieurs tirs de flash-ball en direction des habitants qui s’éparpillent en courant. De tendue, la situation devient houleuse. Des jeunes lancent des pierres, des canettes et des bouts de bois sur les policiers, rapidement rejoints par plusieurs dizaines de CRS, dont certains avancent en tapant avec leurs matraques sur leurs boucliers pour faire du bruit.
Des adultes et des responsables associatifs tentent de s’interposer, mais sont repoussés sans ménagement par les forces de l’ordre. Arrivé entre-temps, le conseiller général demande aux fonctionnaires de police de faire preuve de retenue. Face aux habitants, il s’indigne : “Je savais qu’il y aurait des provocations pour faire monter la pression.” Les policiers pointent leurs flash-balls au niveau du visage de leurs interlocuteurs. “Un policier m’a mis son flash-ball à 20 centimètres du menton“, témoigne M. Ségura. Après plusieurs minutes de face-à-face, les forces de l’ordre regagnent leurs positions à l’entrée de la cité tandis que les deux jeunes interpellés sont amenés dans un véhicule de police.

Adultes et jeunes crient à la provocation. “C’était calme, il n’y avait rien, et d’un seul coup, ils se jettent sur deux types en les frappant“, se désole Bendiagou Diarra, 24 ans, témoin de la scène. Aux “3000, une fois la colère passée, on veut y voir un premier indice de l’attitude future des forces de l’ordre avec M. Sarkozy comme chef de l’Etat. “C’est leur papa qui est devenu le président et ils prennent ça comme un feu vert pour faire ce qu’ils veulent“, poursuit M. Diarra. “Les flics se sentent pousser des ailes. C’est triste pour nous“, ajoute Rachid, 21 ans. Il regarde les cars de policiers positionnés un peu plus loin : “Le plus dur commence mais ça va nous pousser à aller voter en juin.”

(c) Article paru dans l’édition du 08.05.07 du journal Le Monde Luc Bronner

Un avocat parle

V

ous avez plaidé pour des jeunes condamnés après les manifestations anti-Sarkozy à Lyon. Trouvez-vous les peines particulièrement lourdes ?


D'habitude, des gens sans casier judiciaire, intégrés dans la société, étudiants, qui se rendraient coupable de rébellion, voire de violence volontaire quasiment sans interruption du temps de travail (ITT) sur des policiers, prendraient un peu de sursis. Là, ils prennent trois ou quatre mois de prison ferme. Donc oui, objectivement, ce sont des peines lourdes, plus lourdes que d'habitude.

Pourquoi tant de fermeté ?

Le parquet avait des consignes. A Lyon, dans tous les cas, les réquisitions ont été fortes : il y a clairement une politique pénale face à l'évènement. Toute cette semaine, les réquisitions étaient de six mois ferme pour des faits de jet de projectile sans atteindre qui que ce soit. Le contexte est lourd et joue énormément : des manifestations à la tombée de la nuit, des jets de projectiles sur des gens de l'UMP, des manifestants jeunes.

C'est le même type de peine qu'après les manifestations contre le contrat première embauche (CPE) ?

Oui, on est dans le même ordre d'idées, c'est assez comparable. Des jeunes sans casier, pris dans des manifestations ou en marge de manifestations. Là aussi, c'est le contexte qui conduit à une aggravation générale des réquisitions et des peines. Il y a une peur des débordements, bien sûr, et l'ordre public est troublé.

Quel est le profil de ces jeunes gens ?

Ce ne sont pas des casseurs. Dans ceux que j'ai défendus, il y avait un étudiant en deuxième année de Sciences Po, un bachelier, sans aucun problème. Alors bien sûr, c'est un soir de manifestations, il y a des vitrines cassées, quelques dégradations, des incendies de poubelle. Mais, ce n'est pas le grand soir des émeutes, il s'agit d'un peu d'agitation.

Au début, les premiers soirs, c'est spontané. Mais, petit à petit, on à affaire à des gens plus déterminés, plus équipés. Et logiquement, la sévérité va aller crescendo.

Solidarité!! ils sont en prison pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment

S

i, dans la rue, les manifestations contre Nicolas Sarkozy peinent à rassembler, sur le Web, la solidarité avec les inculpés s'organise. Certains sites recensent les comptes rendus de comparution immédiate. Rebellyon.info tient ainsi des listes presque exhaustives des personnes jugées au tribunal correctionnel de Lyon. "Anthony, un jeune qui se trouvait place Bellecour le soir du 6 mai, a reçu un tir de flasball. Et quand son copain a été blessé par une autre balle tirée d'un flashball, il reconnaît avoir lancé une bouteille vide en direction des CRS. Personne n'a été touché. Il a été condamné à deux mois de prison ferme avec mandat de dépôt immédiat", relate, par exemple, le site lyonnais.

D'autres lancent des appels à témoignages contre les violences policières ou les publient en ligne. Le blog A toutes les victimes, ouvert après les violences de novembre 2005, a décidé de se réactiver pour recenser les témoignages.

Sur le site d'informations alternatives Indymedia Paris, les témoignages de violences policières accompagnent les conseils pratiques en cas d'arrestation : refuser de signer les papiers à l'issue de la garde à vue, ne pas "parler" lors des interrogatoires, etc.

Mais, sur tous ces sites, des débats agitent les contributeurs sur l'utilité de ces manifestations : "Je suis contre Sarkozy et j'ai manifesté dimanche, mais je suis rentré chez moi quand j'ai vu avec quelle violence les nôtres agressaient les gens", peut-on lire sur Indymedia Nantes.

Nabil Wakim

Arrestations et jugements arbitraires: injustice totale

F
arid, 19 ans, demandeur d'emploi à Lyon

"J'habite sur les pentes de la Croix-Rousse [un quartier dans le centre-ville de Lyon], j'ai entendu parler d'une manifestation, je suis donc descendu place des Terreaux, et là, c'était la guerre, il y avait des lacrymos partout, des policiers qui chargeaient. J'ai jeté quelques cannettes sur les flics pour crier ma colère. Les manifestants, quelques centaines, reculaient et se sont dispersés dans les rues par petits groupes. Moi aussi j'ai couru, et je me suis retrouvé au coin d'une rue, et je vois trois CRS qui foncent sur un jeune qui passe, les mains levées, avec des sacs en plastique remplis de ses courses. Ils se mettent à taper sur leur boucliers, lui mettent des coups de matraque, le jettent au sol, et lui tirent dessus à bout portant avec un flashball. Il s'est laissé interpeller – d'ailleurs il a été relaxé après sa garde à vue, ils n'avaient rien contre lui, il passait juste faire ses courses.

Voyant ça, j'ai fait demi-tour, et je fais face à plusieurs CRS, j'ai levé les mains, ils sont arrivés directement sur moi, m'ont mis à terre, mis des coups de matraque, sur les jambes, sur les épaules. Ils m'ont traité de tous les noms : 'sale bâtard', 'sale bicot', 'retourne dans ton bled toi et les Arabes de France'. Je me mets sur le ventre, leur demande d'arrêter de taper, en leur disant de m'interpeller tranquillement. Mais ils continuent. Alors je me relève et j'essaye de mettre un coup de tête sur le casque du policier. J'essaie de lui mettre un coup de pied, mais là ils me font une balayette, et un coup de matraque m'ouvre l'arcade. Je me retrouve au sol.

Je suis passé en comparution immédiate, avec douze autres prévenus, dont une mineure. J'ai reconnu les faits, c'est vrai j'ai mis un coup de tête, mais c'était pour me défendre. J'ai été inculpé pour 'rébellion, violences avec arme de substitutions sur agent de la force publique, et violences urbaines en réunion'. Tout ça pour deux trois canettes. Le procureur a demandé huit mois avec mandat de dépôt mais, comme je n'avais pas de casier judiciaire, j'ai pris quatre mois ferme sans mandat de dépôt. Alors que je n'ai pas de casier.

Moi, je ne suis pas trop dans la politique, mais quand je vois ça, je me dis que si c'était à refaire, je le referais. Pour vous dire, je n’ai même pas voté, je ne suis pas inscrit sur les listes électorales. J'ai fait cette bêtise. On aurait dû se faire entendre. Plein de mes copains ne sont pas inscrits non plus. Maintenant, c'est trop tard.

Arrestations et jugements arbitraires: injustice totale, part. 2

A la demande des intéressés, les prénoms ont été modifiés
Paola, 28 ans, en recherche d'emploi

"Lundi 7 mai, Malcom et moi descendons à Bastille, on a entendu parler d'un rassemblement anti-Sarkozy. Pour nous c'est normal de manifester, c'est comme contre Le Pen en 2002, il faut une résistance de la population. Il y a environ 200 personnes sur le rond point central qui bloquent la circulation. Une petite altercation a lieu avec un automobiliste qui veut foncer dans la foule. Les CRS chargent, tout le monde détale dans la rue de Charenton, certains hurlent 'pas par là, c'est un traquenard'. "Nous sommes à l'arrière du cortège, et en courant, Malcom brise des vitres de voitures, des rétroviseurs, je vois des gens mettre le feu à des poubelles et casser des vitrines.

Là j'entends 'sale noir tu vas voir, on va t'attraper', je me retourne et je vois qu'il y a six policiers sur Malcom. Il y a de la fumée de lacrymogènes partout, je crie 'arrêtez, ne frappez pas, ne frappez pas'. Ils le tapent tellement qu'il a l'air évanoui, ils continuent de l'insulter : 'sale négro', 'prends ça'. J'essaie de m'interposer, ils se tournent vers moi, me matraquent, hurlent des choses que je ne comprends pas, je suis projetée au sol, gazée au visage à bout portant, je ne vois plus rien, je ramasse des coups.

Je m'écarte, les yeux rouges, et quand je reviens sur les lieux, je ne vois plus Malcom, seulement quelques traces de sang.

Le lendemain matin, j'apprends qu'il est en garde à vue et doit passer en comparution immédiate. Il est inculpé de dégradations de bien privés [pour avoir cassé une vitrine et quelques rétroviseurs] et rébellion. Le jugement est renvoyé à la fin du mois. Selon son avocate, il risque entre quatre et huit mois de prison ferme.

J'ai porté plainte à l'inspection générale des services (IGS) pour violences, même si je sais que ça ne servira pas à grand-chose. En attendant, Malcom reste en détention provisoire, sans même avoir été jugé. Il a un casier judiciaire, mais il a déjà payé sa dette et là il a juste brisé quelques rétroviseurs. Et la vitrine qu'on l'accuse d'avoir brisé, le propriétaire du magasin ne porte pas plainte et accepte qu'on le rembourse. Et ils veulent le mettre six mois en prison pour ça…"

Arrestations et jugements arbitraires: injustice totale, part. 3

A la demande de l'intéressé, le prénom a été modifié
Alex, 22 ans, étudiant à Lyon

"Après les résultats des élections, je suis descendu à la manif en centre-ville, place Bellecour. Je descendais manifester, pas casser quoi que ce soit. Nous nous sommes retrouvés sur un pont, sous lequel se trouvaient les militants UMP réunis sur une péniche. Certains des manifestants ont commencé à leur jeter des objets divers. J'ai quitté ce groupe pour ne pas être assimilé aux casseurs.

Les policiers commencent à utiliser leurs flashballs dans tous les sens, et à interpeller des manifestants. Je cherche à aider une jeune fille qui va se faire interpeller, et dans un mouvement brusque, je fais tomber une policière qui en tentant de freiner sa chute se fait une contusion au poignet. Je tiens à souligner que je regrette cet acte, et que mon intention n'était pas de la blesser.

J'ai ensuite été interpellé, amené au commissariat et accusé de de 'violence et de rébellion' à l'encontre d'une 'personne dépositaire de l'autorité publique', de surcroît avec 'arme par destination' - une accusation que je conteste. Au commissariat, j'ai été correctement traité. Mais j'ai ensuite été interrogé plusieurs fois, longtemps, et ils voulaient me faire dire que j'avais 'roué de coups' la policière. A bout de nerfs, j'ai signé des papiers dans lesquels je reconnais lui avoir 'asséné de légers coups de pieds' alors qu'elle était à terre.

Je n'ai pas subi de violences physiques, mais 'uniquement' psychologiques et morales. Certains policiers prenaient un malin plaisir à donner des coups sur la porte des cellules afin de nous empêcher de dormir. J'en entendais certains faire des blagues douteuses (il y était question de 'charter') sur des clandestins qui étaient là.

Je suis ensuite passé en comparution immédiate et j'ai été condamné à trois mois de prison ferme malgré mon casier judiciaire vierge et 1 000 € d'indemnités et de frais d'avocat pour la partie civile. Le juge lui-même a affirmé que c'était 'une peine exemplaire' et 'sévère'.

De quoi avoir peur de la police.

Arguments de campagne

Sarkozy, la police et les bavures

« La police de France est une police républicaine. Je suis ministre de l’Intérieur depuis quatre ans et on ne peut pas me mettre une bavure sur le dos, parce que j’ai dit aux policiers qu’ils ont des droits mais aussi des devoirs » Propos tenus par Nicolas Sarkozy sur Skyrock, le 17 mars 2007.

Depuis son arrivée au Ministère de l’Intérieur en 2002, Nicolas Sarkozy n’a cessé d’encourager les forces de police à « reprendre en main » les quartiers et à punir énergiquement les « voyous ». Ce discours musclé a été suivi dans les faits par un accroissement des violences policières. En effet, la police nationale est le service de sécurité le plus mis en cause pour son manque de déontologie devant la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), autorité administrative indépendante créée en 2000.

Brutalités policières impunies

Dans environ 200 affaires concernant la police examinées en six ans, la CNDS dit avoir relevé de nombreuses irrégularités dans les pratiques professionnelles. Il est ainsi fait état d’ « usage indu de la coercition » : conduite au commissariat sans procédure ultérieure, placement en garde à vue injustifié, parfois en l’absence évidente d’infraction, durée de garde à vue excessive. La CNDS dénonce également dans son dernier rapport et à plusieurs reprises des « violences illégitimes graves », des « fouilles à corps trop souvent banalisées », des gestes de maîtrise trop prolongés ayant conduit à des blessures (voire au décès), en particulier au cours d’expulsion d’étrangers en situation irrégulière.

Enfin, il ressort que les mineurs interpellés sont parfois gardés plusieurs heures dans le commissariat sans que leurs parents ne soient prévenus, ce qui est totalement contraire à la loi.

Dans son rapport annuel 2005, Amnesty International dénonçait elle aussi « l’impunité généralisée » qui caractérisait les affaires de violence commises par des policiers en France. Amnesty International a rassemblé des éléments montrant que les mauvais traitements et les homicides racistes imputables à des policiers depuis dix ans n’étaient pas des cas isolés.

Le document soulignait que le système judiciaire ne parvenait pas toujours à faire respecter l’obligation pour les responsables présumés de rendre comptes de leurs actes, ni le droit des victimes de violations des droits humains à obtenir réparation. Le fait que le gouvernement continue de ne pas répondre à ces violations a créé un climat d’impunité pour les forces de l’ordre, indiquait le rapport ; il en résultait une justice « à deux vitesses » dans la mesure où les plaintes déposées par les policiers étaient instruites plus vite que celles des victimes de violences policières. Dans leur grande majorité, ces affaires concernaient des étrangers ou des Français d’origine étrangère….

Racisme et discrimination

Nombreuses sont les institutions et associations indépendantes qui soulignent en effet le caractère raciste des brutalités physiques et verbales d’un certain nombre de fonctionnaires de police. Le problème du racisme a fait l’objet d’une étude spécifique de la CNDS en 2004, après « l’observation de situations et pratiques récurrentes mettant en scène les forces de l’ordre face à des minorités dites visibles ». Cette étude a montré que les jeunes policiers étaient touchés par des préjugés sur les banlieues, qui nuisaient à leur action.

En février et en mars 2006, le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU a recommandé à la France l’adoption de nouvelles mesures de prévention, l’ouverture d’une enquête impartiale pour chaque plainte, des sanctions à la mesure de la gravité des infractions et la diffusion de l’information concernant les procédures de dépôt de plainte et les moyens d’obtenir réparation.

Enfin, dans un rapport publié au même moment, la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (l’ECRI) a souligné que des plaintes continuaient d’être enregistrées au sujet de violences ou d’humiliations, d’injures verbales à caractère raciste ou encore d’actes de discrimination imputables à des policiers ou des gendarmes, des agents de l’administration pénitentiaire et des employés des lieux de rétention et des zones d’attente des personnes en instance.

Bavure « soupçonnée »…

Surtout, Nicolas Sarkozy sait jouer avec les mots et se montre volontiers provocateur en affirmant un peu plus d’un an après des émeutes de novembre 2005, qu’il n’assume aucune bavure de ses services.

Si aucune décision de justice n’a encore été rendue dans cette affaire, il convient néanmoins de rappeler que deux adolescents, Zyed et Bouna, sont morts électrocutés dans un transformateur EDF le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) à la suite d’une course-poursuite avec la police. En février dernier, deux fonctionnaires de police ont été mis en examen dans cette affaire pour « non-assistance à personne en danger ». Dans son rapport sur les circonstances de la mort de Zyed et Bouna, l’Inspection générale des services (IGS, la « police des polices ») avait estimé que les forces de l’ordre avaient fait preuve « d’une légèreté et d’une distraction surprenantes », notamment en omettant de prévenir EDF au moment où les jeunes pénétraient dans le transformateur.

Petit rappel d'évènements passés, si vous croyez encore que notre New People Président va réussir à créer un lien Social

Ensemble, entre faschos...

A lire !


"La face karchée de Sarkozy" est une B.D enquête de Philippe COHEN,Richard MALKA et RISS
publiée chez Fayard il s'agit d'une enquête sérieuse relatant des faits authentiques sur la vie est l'ascension de Nicolas SARKOZY.
A lire absolument.

Manifestive pacifique anti-Sarkozy à l'échelle nationale

Manifestive anti-sarko le 16 mai a 20h30


Appel à une manifestive nationale contre Sarkozy le 16 mai, jour de son investiture a l'Elysée, a 20h30. Dans toutes les villes de France touTEs doivent se lever contre lui au même moment pour dire non à sa politique répressive et ultralibérale.

> > > > ATTENTION DANGER : SARKOZY AU POUVOIR > > > >

Suite à l'élection de Nicolas Sarkozy ce dimanche 6 Mai 2007, la France et les FrançaiSEs entrent dans une nouvelle période. La rupture, c'est ce qu'il nous promet. Mais nous sommes convaincus que ses actions vont porter atteinte aux droits sociaux, aux droits des travailleurSEs, à l'éducation. Et porter les revendications du MEDEF, de la droite dure et conservatrice. La politique de Sarkozy va s'effectuer au pas de charge, tout comme il a mené sa carrière.

Avec 53,3%, il a donc été élu, mais peut-on dire qu'on est encore en démocratie lorsque l'on sait que Sarkozy a tous les medias à sa botte (TF1, LCI, Syndicat de la presse régionale, RTL, Europe 1, autrement dit les groupes Bouygues, Lagardère) ? Quand ce nouveau président complote avec tous les organes de communication ainsi que les différents lobbys pour faire pression sur le peuple ? Ce chiffre cautionne également tous ses propos au sujet de l'Allemagne, de l'eugénisme, du karcher dans les banlieues.

Alors voila maintenant c'est fait, mais il faut lui adresser un message fort : nous sommes la et nous serons pretEs à agir en cas d'atteintes graves à nos libertés, a nos droits et à nos acquis. Alors organisons nous des maintenant, de manière pacifiste. Montrons que ce que dénonce Sarkozy est une affabulation. Il nous ment avant même de commencer son mandat.

C'est pourquoi nous lançons un appel à une grande manifestive nationale le mercredi 16 mai, jour de la passation de pouvoir entre Chirac et Sark, à 20h30.

Nous devons touTEs descendre dans le dernier espace d'expression qu'il nous reste, avant de le voir disparaitre : la rue !

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacre des droits et le plus indispensable des devoirs.»

(Art. 35 de la Déclaration des Droits de l'Homme - 1793)


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