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Émeutes urbaines : Sarkozy monte en première ligne

Le chef de l’Etat rendra visite mercredi matin aux policiers et aux pompiers blessés, avant de présider à l’Elysée une réunion sur la sécurité.

Face aux émeutes, Nicolas Sarkozy et son gouvernement montent en première ligne. Dès son retour de Chine, le chef de l’Etat va enchainer les réunions mercredi. Il se rendra à 7 h 30 à l’hôpital d’Eaubonne (Val d’Oise), où il rencontrera le commissaire divisionnaire grièvement blessé lors de la première nuit de violence à Villiers-le-Bel, ainsi que des policiers et des sapeurs pompiers blessés lors des violences urbaines.

Il recevra ensuite Didier Vaillant, maire PS de Villiers-le-Bel, à 9 h au Palais de l’Elysée. Puis à 9h45, il tiendra une réunion sur la sécurité en présence François Fillon, Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati et Fadela Amara. Cette dernière avait aussi affirmé que le président recevrait les familles des deux jeunes tués à Villiers-le-Bel. Contacté par lefigaro.fr, l’Elysée ne confirme pas cette information dans l’immédiat.

«Inadmissibles, inacceptables, intolérables»

Mardi matin, le premier ministre François Fillon s’était rendu dans cette commune au lendemain d’une nouvelle soirée de violences urbaines. A l’issue d’une réunion avec des élus locaux, il est revenu sur l’origine des émeutes en lançant: «Dans une démocratie, il n’y a pas de vengeance, il y a la justice». Jugeant ces violences «inadmissibles, inacceptables, intolérables» et qualifiant de «criminels» ceux qui ont tiré sur des policiers, le chef du gouvernement a promis la mise en place d’un dispositif policier «renforcé» ce mardi soir. Enfin, aux victimes des incendies et dégradations, François Fillon a assuré que «l’Etat sera solidaire» et «présent pour les aider à reconstruire dans les meilleurs délais».

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, après avoir reçu «un certain nombre de recommandations» de la part de Nicolas Sarkozy, actuellement en visite en Chine, a demandé l’aide de la «population» des communes où ont eu lieu des violences urbaines pour «isoler ceux qui sont des délinquants».

«Personne n’a envie de revivre le scénario de 2005 : la violence n’enlèvera rien à la douleur des familles, elle empêchera de reconstruire dans ces banlieues», avait déclaré plus tôt le ministre du Travail Xavier Bertrand.

"Aucune leçon n’a été tirée"

Du côté de l’opposition, le PS «condamne» les émeutes. Arnaud Montebourg estimé qu’«aucune leçon n’a été tirée» depuis 2005, tandis que Ségolène Royal a appelé à une «mobilisation nationale toutes tendances politiques confondues» pour «passer des discours aux actes» sur les banlieues.

Olivier Besancenot, porte-parole de la LCR, a réclamé une «commission d’enquête indépendante» pour clarifier les circonstances de l’accident qui a coûté la vie aux deux adolescents. Selon lui, «les réactions de colère de dizaines de jeunes traduisent, une fois de plus, la profonde crise sociale qui mine ces quartiers et le sentiment de mépris, d’injustice, de révolte qu’éprouvent ces jeunes de plus en plus précarisés, marginalisés».

Jean-Marie Le Pen, lui, a constaté une «terrible escalade de la violence» dans le Val-d’Oise, et a rejeté toute «sensiblerie» face aux «émeutiers». «Il n’y a eu ni Kärcher ni rupture. Ici comme dans les autres domaines, la situation s’aggrave sans cesse», a estimé Le Pen, qui a dénoncé le «résultat d’une invasion migratoire anarchique».

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